Plongez au cœur d'une des danses les plus emblématiques et méditatives du vaudou haïtien. Une chorégraphie aquatique qui connecte le corps et l'esprit aux lwas primordiaux. Êtes-vous prêt à sentir le rythme ?
Le Yanvalou n'est pas né en Haïti. Ses racines sont profondes, ancrées dans la terre du Dahomey, l'actuel Bénin en Afrique de l'Ouest. C’est une danse qui a traversé l’Atlantique. Elle a voyagé dans la cale des bateaux négriers, cachée dans l'âme des esclaves déportés. Pour eux, danser le Yanvalou, c'était plus que se souvenir. C'était un acte de résistance spirituelle. Un moyen de garder vivant le lien avec les ancêtres et les esprits de Ginen, l'Afrique mythique. Vraiment FASCINANT. C'est pour ça que chaque mouvement est chargé d'histoire et de sens.
La technique du Yanvalou est unique. Tout part du sol. Les pieds bien ancrés, les genoux fléchis. Le mouvement ondule, partant du bas du dos et remontant vertèbre par vertèbre jusqu'à la nuque. Le torse et le bassin effectuent une rotation fluide, continue. Hypnotique. Certains y voient le mouvement des vagues, d'autres, et c'est le plus courant, celui d'un serpent. Les bras sont souples, accompagnant cette ondulation, comme des nageoires dans une eau cosmique. Le corps devient un canal. Un pont entre le monde visible et le monde invisible. Il n'y a pas de gestes brusques dans le Yanvalou. Tout est fluidité, douceur et contrôle.
Pourquoi le serpent ? Car le Yanvalou est la danse de Damballah Wedo, le grand lwa serpent. Il est l'un des esprits les plus anciens et les plus vénérés. Damballah représente la paix, la sagesse, la continuité et la création de la vie. Il est la force tranquille qui unit le ciel et la terre. C'est un lwa super important. Son énergie est pure, bienveillante. Sa danse ne pouvait être qu'à son image : méditative et puissante. On danse aussi le Yanvalou pour son épouse, Ayida Wedo, le serpent arc-en-ciel. Ensemble, ils forment un couple divin qui incarne l'harmonie et l'équilibre. (Leurs couleurs sont le blanc, symbole de pureté). Quand on danse le Yanvalou, on ne fait pas que mimer un serpent. On honore ces forces primordiales.
Une danse sacrée ne va jamais sans sa musique. Le Yanvalou est indissociable d'un rythme de tambour bien précis. Joué sur les trois tambours Rada (le Manman, le Segon et le Boula), ce rythme est souvent en 6/8. Il est lent, posé, presque envoûtant. Les Hountogi, les tambourinaires sacrés, sont les maîtres de ce rythme. Ils savent exactement comment le jouer pour appeler l'énergie de Damballah. Le rythme est soutenu par l'Ogan, une cloche métallique, et par les chants sacrés dirigés par le Houngenikon. C'est cet ensemble qui crée l'atmosphère propice à la connexion spirituelle. Sans le bon rythme, la danse perd son sens.
Alors, à quoi ça sert concrètement de danser le Yanvalou ? On ne danse pas pour le spectacle. Jamais. Le Yanvalou est un outil spirituel d'une puissance redoutable. C'est un "code d'appel". Sa fonction première est d'invoquer les lwas. C'est une invitation. Parfois, on l'utilise dès le début de la cérémonie pour saluer Papa Legba, le gardien des portes. Mais sa fonction la plus connue est de préparer le corps et l'esprit à la possession. Le mouvement ondulatoire et le rythme répétitif aident le danseur (le "chwal", ou cheval) à lâcher prise. À ouvrir son gwo bon anj pour qu'un lwa puisse le "monter". La danse n'est pas la possession elle-même. C'est le chemin qui y mène. Une préparation physique et mentale pour être entre de bonnes mains spirituellement.
Vous comprenez maintenant que cette danse n'est pas à prendre à la légère. Peut-on l'apprendre ? Oui. Mais pas n'importe comment. Oubliez les tutoriels vidéo. Apprendre le Yanvalou, c'est s'inscrire dans une lignée spirituelle. Ça se fait au sein d'une Sosyete, sous la guidance d'un Houngan ou d'une Mambo. C'est une transmission orale et corporelle, remplie de subtilités et de règles à respecter. Du coup, vouloir apprendre seul, c'est un peu mettre les pieds dans le plat. C'est un travail d'orfèvre qui demande respect et dévotion. Ces notions théoriques sont une excellente base, mais pour entrer dans le concret, l'accompagnement est INDISPENSABLE. Si vous sentez cet appel et souhaitez être guidé de manière juste, nous vous invitons à prendre contact avec notre houngan asogwe partenaire via notre page contact.
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